Vision

EOS est un logiciel open source qui offre une architecture blockchain permettant la création d’entreprises ou de communautés autonomes et décentralisées (‘DAC’ pour ‘Decentralized Autonomous Corporations’ ou ‘Decentralised Autonomous Communities’), avec la particularité de rendre ce changement possible à grande échelle. EOS est en quelque sorte un système d’exploitation similaire à Windows de Microsoft mais décentralisé. Ce système d’exploitation met à disposition des fonctionnalités de gestion de comptes, d’authentification, de gestion de bases de données, de communication asynchrone et d’ordonnancement d’applications à travers de multiples coeurs (CPU) ou clusters, le tout sur une blockchain.

Pour faire simple, le logiciel EOS permet de déployer rapidement et facilement des applications décentralisées à grande échelle, en supportant des millions de transactions par seconde et en supprimant les frais de transactions pour les utilisateurs.

La notion de communauté occupe une place centrale dans la vision de block.one, l’équipe fondatrice d’EOS. Elle soutient l’idée que ce sont en fait les communautés qui représentent réellement l’avenir des entreprises. Ces communautés ont besoin de construire et d’échanger, sans avoir à passer par des organisations centralisées. Ceci pour éviter des abus comme par exemple un changement dans les conditions d’utilisation en faveur de l’organisation centrale, de part sa position monopolistique, qui servirait uniquement ses propres intérêts et desservirait ceux de la communauté. EOS donne le moyen aux communautés de créer la prochaine génération d’organisations à leur service.

Block.one, équipe et expériences

block.one est la société de développement du logiciel EOS. block.one est dirigée par Brendan Blumer (CEO), Daniel Larimer (CTO) et Brock Pierce (co-founder & partner). Ils sont impliqués dans le domaine de la blockchain depuis des années et n’en sont pas à leur premier coup d’essai:

  • Brendan Blumer est le directeur général de block.one. Il entreprend depuis l’âge de 14 ans et a notamment travaillé dans le domaine des actifs virtuels dans le jeu vidéo en ligne
  • Daniel Larimer est le directeur technique et la figure emblématique de block.one. Développeur et entrepreneur à succès, il est notamment le créateur de Bitshares (plateforme d’échange décentralisée), Steemit (blog et réseau social décentralisé) ou encore le DPOS (Delegated Proof Of Stake – un algorithme alternatif permettant, au même titre que le ‘Proof Of Work (POW)’ et le ‘Proof Of Stake (POS)’, de parvenir à un consensus de façon distribuée)
  • Brock Pierce est l’un des co-fondateurs et investisseurs de block.one, fondateur de Blockchain Capital (un fond d’investissement dans le domaine de la blockchain) et président de Bitcoin Foundation

Delegated Proof Of Stake (DPOS)

L’une des particularités d’EOS, héritée de l’expérience de Dan Larimer sur Bitshares et Steemit est son système de validation distribué. L’objectif est identique au POW et au POS, à savoir parvenir à un consensus sur la légitimité d’une transaction sur le réseau, dans l’optique d’empêcher la fraude comme la double dépense d’un même token (double spending issue). Avec le DPOS, la sécurité et la légitimité des transactions sur le réseau est assurée par un groupe de 21 témoins (witness voting). A l’inverse du POW typiquement, les témoins ne sont pas en rivalité pour produire des blocs mais au contraire collaborent pour y parvenir! Les utilisateurs du réseau peuvent librement voter pour le témoin de leur choix, tout comme sur Steemit. Le poids de leur vote dépend du nombre de token qu’ils détiennent sur le réseau. Les témoins produisent ensuite, proportionnellement aux votes qu’ils ont obtenus, les blocs qui seront ajoutés à la chaîne de blocs existante.

Le DPOS a de nombreux avantages parmis lesquels:

  • Plus de rapidité

Un témoin est autorisé à produire un bloc toutes les 3 secondes, contre 10 minutes sur Bitcoin. Ceci permet de traiter les transactions du réseau beaucoup plus rapidement.

  • Beaucoup moins de dépense d’énergie

La vérification des transactions en POW requiert une quantité d’énergie toujours plus grande à mesure que la puissance combinée des noeuds du réseau augmente (hash power) et que le niveau de difficulté est ajusté en conséquence (global block difficulty). De plus, les mineurs sont en perpétuels compétition et un seul sort gagnant à chaque nouveau bloc. Tous les autres ont dépensé beaucoup d’énergie sans résultat. Le DPOS propose une alternative avec 21 témoins qui collaborent et jouent le rôle de producteur de blocs de façon successive.

  • Plus de décentralisation

Malgré le nombre de témoins qui peut sembler faible (21), la majorité de la puissance de calcul (51% hashrate) des crypto-monnaies basés sur le POW est en réalité contrôlé par une poignée de groupes de mineurs (pooled mining). Le réseau de Bitcoin est presque entièrement sécurisé par 5-6 groupes de mineurs. 21 témoins réduit les problèmes de centralisation et reste tout de même à taille humaine de par son nombre limité.

Fonctionnalités et éléments différenciants

Tout comme pour Ethereum, son principal concurrent, la mission d’EOS à long terme est de tout décentraliser. Ethereum s’est aujourd’hui considérablement développé et constitue la plateforme de référence pour le déploiement de solutions décentralisées et notamment pour les ICOs. Toutefois, le réseau Ethereum souffre aujourd’hui grandement d’un problème de montée en charge. La capacité de traitement étant limité à 20 transactions par seconde, le réseau est régulièrement saturé et la perspective d’une multiplication d’applications à succès est impossible dans l’état actuel. CryptoKitties, une application rendue célèbre pour avoir saturé le réseau Ethereum illustre bien le problème auquel fait face la plateforme actuelle. Ce problème de taille confère potentiellement un sérieux avantage concurrentiel à EOS et un premier élément différenciant majeur:

  • Montée en charge

EOS promet une capacité de traitement nettement supérieure à Bitcoin (3 transactions par seconde) et à Ethereum (20 transactions par seconde). EOS parvient aujourd’hui à supporter 10 000 transactions par seconde! Comme l’explique l’équipe de block.one:

“ Nos tests internes montrent que le logiciel est actuellement capable de gérer plus de 10 000 transactions par seconde sur un seul thread sur un réseau multi-nœuds. Ce qui lui permet de supporter plus d’un million de transactions par seconde sur des machines avec plus de 100 cœurs.

En comparaison Visa et Mastercard traitent environ 3 000 transactions par secondes. Bitshares et plus particulièrement Steemit ont déjà démontré des résultats très encourageants à cet égard. Bien que leur capitalisation soit nettement inférieure à Bitcoin et Ethereum, Bitshares et Steemit se situent parmis les blockchains les plus utilisées, c’est à dire traitant le plus grand nombre de transactions. À ce jour, Steem représente à lui seul 43% des transactions, toutes blockchains confondues, avec plus de 1.2 millions de transactions en 24h! Malgré cette belle performance, la capacité utilisée (CUI) sur Steemit s’élève à peine à 0.14%, contre 66% sur Ethereum! En d’autres mots, Steemit est encore bien loin d’exploiter sa pleine capacité. Bitshares et Steemit sont les précurseurs de la montée en charge. EOS promet d’être la consécration selon Dan Larimer.

 

Pour que des produits décentralisés puissent prétendre concurrencer les solutions existantes, l’équipe de block.one a bien conscience que l’expérience utilisateur est clé. Les utilisateurs de produits centralisés n’accepteront pas de migrer vers des alternatives décentralisées si certains critères actuels liés à la facilité d’utilisation ne sont pas remplis. À ce jour, certains éléments différenciants, typiquement face à Ethereum, sont pour le moins prometteurs:

  • Suppression des frais

Pour des applications telles que Steemit, il est typiquement impensable d’imposer aux utilisateurs des frais de création de compte et de transactions sur le réseau, comme c’est notamment le cas des applications sur Ethereum. Une telle contrainte serait rédhibitoire pour des produits grand public comme Facebook. Tout comme les solutions actuelles, l’utilisation classique (hors fonctionnalités premium par exemple) d’une alternative décentralisée se doit d’être entièrement gratuite. EOS, au contraire d’Ethereum, supprime ces frais pour l’utilisateur final. D’une part, les frais de création de comptes sont pris en charge par le développeur, en créditant un nouveau compte du solde minimum pour fonctionner. Mais une fois qu’un compte a été créé sur EOS pour une application, il n’est plus nécessaire d’en créer un autre pour une autre application. D’autre part, les frais de transaction sont couverts par l’inflation, qui permet de rémunérer les producteurs de blocs. Le montant annuel de l’inflation est toutefois défini en amont et ne peut pas être dépassé pour ne pas léser les propriétaires de tokens.

  • Adresses nominales

Dans l’état actuel, l’expérience utilisateur liée aux transferts de tokens d’une adresse public à l’autre n’est pas prête pour l’adoption de masse. Effectuer un transfert sur une clé public n’est ni simple, ni intuitif et le risque de commettre une erreur est élevé. La complexité technologique reste trop importante pour le grand public. EOS propose donc d’effectuer une transaction en sélectionnant directement un nom d’utilisateur, du type @domain ou @name.domain de 2 à 32 caractères, plutôt qu’une adresse public prenant la forme d’une chaîne de caractères illisibles.

  • Rôles et permissions

Le logiciel EOS fournit un système de gestion de permission déclaratif qui donne aux comptes un contrôle précis sur qui peut faire quoi et quand. Les permissions sont organisées de façon à permettre un contrôle multi-utilisateur. Il est notamment possible de donner à d’autres comptes la permission d’actions au nom de l’utilisateur tout comme le propose actuellement Steemit avec les permission ‘owner’ (tous droits propriétaires avec gestion des fonds), ‘active’ (tous droits sauf celui de changer le propriétaire) et ‘posting’ (droits d’effectuer des actions simples du type voter ou poster)

  • Recouvrement de comptes

Toujours dans la perspective d’une expérience utilisateur adaptée au grand public, EOS introduit la possibilité pour l’utilisateur de reprendre le contrôle de son compte en cas de piratage des clés. Le propriétaire d’un compte peut utiliser une clé propriétaire active au cours des 30 derniers jours et avec l’approbation de son partenaire de récupération de compte, préalablement désigné, pour réinitialiser la clé propriétaire de son compte. Le partenaire de récupération de compte passera par un processus d’identification et d’authentification à plusieurs facteurs (téléphone et email) pour s’assurer de l’identité de la personne à l’initiative de la demande.

  • Annulation des transactions

En fonction de la nature de la transaction effectuée, un délai d’annulation spécifique peut être appliqué, après que la transaction ait été ajoutée à un bloc. Le délai dépendra du type de transaction. De quelques secondes pour l’achat d’un café jusqu’à 30 jours pour la transaction de la totalité des fonds typiquement.

ICO et token

Un grand nombre d’ICO à succès ont été vivement critiqué dans le passé en raison de leur conception considérée comme étant injuste. La majorité des ICOs fonctionnent avec un modèle de vente, et parfois de pré-vente, favorisant les plus gros investisseurs au détriment des autres. Ce type d’ICO présente 2 inconvénients:

  1. Lorsqu’une ICO est lancée sans limite de fixation du prix du gas (gasprice), les plus gros investisseurs n’hésitent pas à monter les prix à des niveaux très élevés pour s’assurer que leurs transactions soient traitées, par les noeuds du réseau, avant celles de tous les autres participants. Ils achètent alors la totalité des tokens mise en vente ce qui a pour conséquence de clôturer l’ICO en un temps record. La plupart des acheteurs et notamment les membres de la communauté sont laissés sur le carreau. L’exemple le plus caricatural est probablement Basic Attention Token (BAT) qui a levé 35 millions de $ en 24 secondes auprès d’un petit groupe de gros investisseurs et avant même que les membres de la communauté BAT ne puisse participer
  2. Le problème précédent a pu être résolu en fixant un prix de gas maximum. Toutefois une ICO qui repose uniquement sur un modèle de vente / pré-vente de token sur une période limitée (allant de plusieurs jours à plusieurs semaines) ne permet réellement de participer qu’aux investisseurs (souvent professionnels) les mieux informés et les plus réactifs.

Pour les 2 raisons précitées, la grande majorité des ICOs restent difficilement accessibles pour l’acheteur moyen, et notamment pour les développeurs et utilisateurs du réseau.

L’ICO d’EOS fonctionne différemment. La distribution de token se déroule sur un an! Tout comme les ICOs classiques, une première vente à hauteur de 200 millions de token a été effectué, du 26 juin au 1er juillet 2017. Depuis le 1er juillet 2017 et pendant 350 jours, une seconde distribution à hauteur de 700 millions de tokens se poursuit. Ces 700 millions de tokens sont distribués, chaque 24h, à hauteur de 2 millions. De plus, 100 millions de tokens sont déjà réservés à block.one, notamment pour financer son développement. Lorsque la totalité du milliard de token aura été émise, l’ICO prendra fin et les tokens ERC-20 seront transformés en tokens EOS. Notez qu’une procédure pour enregistrer vos tokens ERC-20 est indispensable pour pouvoir récupérer vos tokens EOS. Nous aborderons cette procédure en détail lors d’un prochain article.

Ce nouveau mode d’ICO et de distribution introduit par EOS présente l’avantage majeur de permettre à un maximum de personnes de participer, et notamment à sa communauté de premiers développeurs et d’utilisateurs.

La possession de token EOS confère à ses propriétaires un certain nombre d’avantages parmis lesquels:

  • Un pouvoir de vote sur le réseau et notamment sur la sélection des producteurs de blocs qui assurent la sécurité du réseau. Une meilleure répartition des tokens auprès d’un maximum d’individus permet par ailleurs d’éviter une trop forte concentration de pouvoir
  • Un droit d’accès aux ressources du réseau EOS tels que la bande passante, le stockage, la RAM, etc.
  • Un droit de propriété de certains tokens dont l’ICO est lancée et distribuée sur le réseau EOS (airdrop). Ce qui est le cas par exemple avec le token d’Everipedia (Wikipédia décentralisé basé sur la blockchain d’EOS). Ce token sera distribué aux propriétaires de tokens EOS proportionnellement à leur part sur le réseau.

Lancement

À ce jour, EOS est en phase de testnet. C’est à dire que les développeurs d’applications décentralisées (DAPPs) peuvent aujourd’hui tester la plateforme. Le but étant d’obtenir un retour de leur part afin d’améliorer la plateforme avant le mainnet. La blockchain sera lancée début juillet 2018.

Retrouvez ici l’actualité, les faits marquants ainsi que les guides liés à la plateforme EOS. Nous espérons vous y voir nombreux!

EOS, le système d’exploitation sur la blockchain